LE LYONNAIS SKILDER LEVE 1,7 MILLIONS D’EUROS POUR EVALUER LES SOFT-SKILLS

20 novembre 2020

La jeune pousse lyonnaise, spécialisée dans le développement d’un logiciel RH utilisant de l’intelligence artificielle pour évaluer les compétences des salariés, vient de boucler sa première levée de fonds de 1,7 millions d’euros. Associée à des partenaires scientifiques et institutionnels, elle souhaite devenir le leader de l’évaluation des softs skills, tout en s’appuyant sur des travaux réalisés en matière d’éthique.

De nouveaux objectifs et investisseurs pour Skilder. Fondée il y a tout juste deux ans avec l’appui des réseaux Pulsalys et IKubator, la jeune pousse lyonnaise spécialisée dans la détection des compétences utilisant des briques d’intelligence artificielle, vient de boucler sa première levée de fonds.

Avec à la clé, 1,7 millions d’euros auprès des fonds d’investissement à impact sociétal et environnemental Phitrust, de son client historique la Banque Populaire Aura, ainsi que de Bpifrance.

Un premier tour de table qui devrait permettre à ses deux associés, Pierre De Sousa et Yuko Sasa, d’accompagner l’industrialisation de leur solution RH, mais également d’accélérer leurs collaborations scientifiques, à travers notamment la mise en place d’un consortium pluridisciplinaire, porté par le CNRS et TENS Lyon.

« Cette levée de fonds permet à Skilder de continuer à s’entourer des meilleurs experts dans les différentes disciplines sollicitées par sa solution : les Sciences humaines et sociales (SHS), l’informatique, l’intelligence artificielle ; et de structurer son développement commercial », annonce le fondateur et actuel Ceo, Pierre De Sousa.

Skilder pourra ainsi compter sur la mise à disposition d’une enveloppe de 700 000 euros en vue de poursuivre ses travaux de recherche sur l’analyse des compétences comportementales.

DES PARTENARIATS ACADÉMIQUES DÉTERMINANTS

La start-up s’appuiera pour cela sur plusieurs laboratoires et partenaires scientifiques : en premier lieu avec le laboratoire d’excellence (Labex) Aslan de l’Université de Lyon, qui se spécialise sur la complexité et la multimodalité du langage, ainsi que le Laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG), qui mène notamment des analyses acoustiques, mais aussi le Centrale Digital Lab de l’Ecole Centrale Lyon, dédié à l’intelligence artificielle.

Elle travaille également sur plusieurs structures issues du CNRS de Lyon, telles que le Laboratoire d’informatique en image et systèmes d’information (Liris), ainsi que le laboratoire Interactions, Corpus, Apprentissages, Représentations (Icar), qui mène des activités pluridisciplinaires en linguistique et didactique.

Depuis la commercialisation de la première version de son logiciel en mode Saas en 2018, Skilder compte déjà, parmi ses clients, de grands noms comme Auchan Retail France, la Banque Populaire Aura ou encore la Fédération du Commerce et de la Distribution. Et vient également de signer un partenariat avec le cabinet de conseil en ressources humaines BPI group, en intégrant son incubateur d’innovation RH, le Lab37.

DES BRIQUES DTA POUR OBJECTIVER DES COMPORTEMENTS

Spécialisée dans l’évaluation des compétences grâce à des briques technologies issues de l’intelligence artificielle, la start-up lyonnaise a bâti un logiciel en partenariat avec les équipes du CNRS permettant d’évaluer les compétences comportementales des collaborateurs comme l’empathie, le leadership ou encore l’écoute. Le tout, en se basant uniquement sur la détection des comportements d’un individu lors d’une interaction relativement courte (environ 30 minutes) avec le logiciel, en analysant à la fois des paramètres verbaux, le para-verbaux, et même non-verbaux, comme les hochements de tête.

Son idée ? Observer un candidat dans une situation d’échange, face à l’avatar d’un ordinateur, afin d’analyser la teneur de ses comportements en situation professionnelle et d’en extraire les softskills. « On parle beaucoup des softs skills mais le marché propose peu de solutions associées à une véritable démarche objective et scientifique« , estime Pierre De Sousa. Car contrairement au marché des tests de personnalités, sa méthodologie s’appuie plutôt sur ces fameux soft-skills, qui sont mis en lien avec une bibliothèque de 170 comportements, recensés en amont, avec l’aide de scientifiques. « Notre fondement est d’observer cette interaction car il nous semble impossible de mesurer ces compétences par de simples clics ou des questionnaires en ligne. La relation humaine est un pré-requis », indique Pierre De Sousa.

INTÉGRER UNE DIMENSION ÉTHIQUE

Alors que ces outils automatisés sont souvent pointés du doigt pour leurs questionnements en matière d’éthique, Skilder met en avant ses collaborations avec le tissu scientifique, qui garantiraient selon lui l’encadrement de sa démarche.

« Les outils peuvent être dangereux quand leur limite d’usage est méconnue. Notre responsabilité est aussi d’éclairer nos utilisateurs et nos clients sur l’usage et le sens de la solution », dit en substance Pierre De Sousa.

Ce dernier rappelle qu’en dehors des partenariats scientifiques précédemment cités, la jeune pousse a choisi de s’entourer de philosophes et penseurs comme Olivier Frérot, qui travaille sur la métamorphose de la société en y intégrant une dimension d’éthique.

Avec, en bout de ligne, une volonté de corriger certains biais issus des processus de recrutement et d’entretiens individuels. Tout en rappelant que 80 % des facteurs de risques du burn-out et des risques psycho-sociaux sont liés à la qualité du management, Pierre De Sousa dessine son ambition : « Permettre aux organisations de pouvoir identifier objectivement des comportements à risques ou toxiques parmi leurs managers et ainsi pouvoir accompagner concrètement une décision de recrutement, de promotion ou de formation« .

D’après lui, le recours à des méthodes d’analyse des compétences, objectivées par l’intelligence artificielle, permettrait ainsi de répondre à plusieurs enjeux : en l’occurence, de garantir une forme d’égalité des chances ainsi qu’une lutte contre les discriminations lors de l’évaluation objective des compétences d’un candidat. Mais aussi d’améliorer la prévention des risques psychosociaux, en détectant mieux les comportements à risques des managers en amont.

LA TRIBUNE EDITION QUOTIDIENNE – Journaliste : MARIE LYAN

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